Alexandre ROMARIZ (POLLICINO)

Psychologue FSP - Hypnothérapeute NGH

 HARCÈLEMENT MORAL (MOBBING)

De nos jours, le harcèlement moral (ou mobbing) est largement connu et reconnu au sein de nos sociétés et sévit malheureusement encore dans les milieux professionnels; et également dans la sphère privée. En Suisse, selon un sondage effectué en 2012 par l’Office fédéral de la statistique, ce phénomène atteindrait environ 8 % des personnes sur leur lieu de travail (SECO, Mobbing et autres formes de harcèlement, édition 2016).

Définitions

 

Deux auteurs ont largement contribué à faire connaître ce phénomène: Heinz Leymann, psychosociologue et docteur en psychologie du travail suédois, dès la fin des années 80; et Marie-France Hirigoyen, psychiatre-psychothérapeute française, dès le milieu des années 90.

 

Le mobbing a été défini par H. Leymann ("Mobbing, La Psychoterreur sur le lieu de travail", 1996) comme un « enchaînement, sur une assez longue période, de propos et d’agissements hostiles, exprimés ou manifestés par une ou plusieurs personnes envers une tierce personne (la cible). Par extension, le terme s’applique aussi aux relations entre les agresseurs et leur victime ».

 

M.-F. Hirigoyen ("Le Harcèlement moral au travail", 2001) a défini le harcèlement moral au travail comme « toute conduite abusive se manifestant notamment par des comportements, des paroles, des actes, des gestes, des écrits pouvant par sa répétition ou sa systématisation porter atteinte à la personnalité, à la dignité ou à l’intégrité physique ou psychique d’une personne, mettant en péril l’emploi de celle-ci ou dégradant le climat de travail ».

​Au travail, le harcèlement moral peut avoir lieu entre collègues et/ou entre un(e) supérieur(e) et un(e) ou des subordonné(e)s. Dans la vie privée, un parent, un grand-parent, un(e) conjoint(e), par exemple, peut instaurer un climat de harcèlement moral à l'encontre de sa victime. La dimension affective de la relation privée joue un rôle central. L'agresseur fera en sorte que la victime se sente dépendante affectivement de ce dernier, ou en tous les cas loyale, tout en la dévalorisant et la rabaissant.

En d'autres termes, le harcèlement moral (ou mobbing) est une violence cachée, souvent de nature perverse, qui ne se repère pas immédiatement et dont l’effet destructeur sur la santé se manifeste à l'issue d’un cumul de microtraumatismes fréquents et répétés (les agissements).

 

Un processus pervers

La personnalité du pervers narcissique a été identifiée par M.-F. Hirigoyen ("Le Harcèlement moral", 1998) comme pouvant être à l'origine du harcèlement moral. Il s'agit d'une personne maltraitant de manière insidieuse sa victime au quotidien. La perversité est une façon sinueuse de communiquer pour manipuler l'autre, afin d'obtenir quelque chose à son insu. C'est une personnalité définie comme égocentrique, mégalomaniaque, insensible, sans affect, incapable de relation véritable, moralisateur, et ayant une absence totale d’empathie pour les autres, bien qu’elle soit avide d’obtenir admiration et approbation. ​Le processus pervers du harcèlement moral mis en place par ce type de personnalité se déroule en deux temps.

 

D'abord il y a la phase de séduction, au cours de laquelle la victime est déstabilisée et perd progressivement confiance en elle; il s’agit de la séduire, puis de l’influencer pour, enfin, la mettre sous emprise, lui retirant en cela toute parcelle de liberté. Le mensonge, la dérision, le mépris, les attitudes paradoxales sont autant de stratégies recourues par l'agresseur pour empêcher la victime de se défendre et de prendre conscience du processus.

La seconde phase est atteinte lorsque la victime prend conscience de ce qui lui arrive : elle commence à réagir et tente de récupérer un peu de liberté.  Au moment où la victime donne l’impression de lui échapper, l’agresseur éprouve un sentiment de panique et de fureur, il se déchaîne. Les injures, humiliations et tournures en dérision prennent le pas sur la manipulation. L’agresseur va tout faire en son pouvoir pour que la faute soit acculée à la victime, qu’elle paraisse responsable de ce qui lui arrive. C'est dans cette phase que la situation devient "kafkaïenne" pour la victime: quoi qu'elle fasse elle se sentira non reconnue dans sa souffrance et davantage atteinte dans sa santé.

 

Quel est son but et ses conséquences?

​​Le but recherché du harcèlement moral (ou mobbing) au travail est souvent l’exclusion de la personne de son milieu travail. Ce qui peut ensuite amener au licenciement de celle-ci, à une dégradation du climat de travail ou à une interruption de travail de longue durée.

 

Dans la relation privée, le but est avant tout la manipulation et la mise sous emprise de la victime, "obligé(e) à vivre" en fonction des "besoins" et des humeurs de son agresseur, sans tenter de les remettre en question.

Plusieurs types d’agissements en lien avec le harcèlement moral (ou mobbing) pouvant porter atteinte à la personne victime ont été définis par H. Leymann selon leurs buts :

1. priver la victime de toute possibilité de s’exprimer,

2. priver la victime de toute relation sociale,

3. discréditer la victime,

4. compromettre la situation de la victime, et

5. compromettre la santé de la victime.

À terme, des effets non négligeables sur l’état de santé physique et psychique de la personne victime peuvent survenir. Par exemple : baisse de l’estime de soi, confusion, repli sur soi, honte, syndrome de stress post-traumatique, perte de sens, dépression, maux de tête, maux de dos, etc.

Nommer le harcèlement moral

 

​S'autoriser à nommer et parler du harcèlement moral (ou mobbing) que l’on subit est le premier pas d’un chemin menant vers la sortie du processus d’emprise psychologique qui s’est introduit de manière insidieuse dans son milieu professionnel ou dans sa vie privée.

 

En cas de besoin de comprendre ce phénomène et de parler de votre situation personnelle en lien avec ce sujet, ma connaissance approfondie du harcèlement moral (ou mobbing) et mes prestations de soins, de soutien, d'écoute et d'accompagnement sont à votre disposition.

"Ai-je le sentiment d'être piégé(e) ou sous emprise dans le cadre d'une relation (un collègue, un supérieur, un parent, un(e) conjoint(e), un parent, un ami)?"

"Mon ventre se noue-t-il lorsque je pense à cette personne?"

"Est-ce qu'au travail une ou plusieurs personnes cherchent à me mettre à l'écart, en me privant volontairement d'informations nécessaires au bon déroulement de mes tâches?"

"Est-ce que mes comportements, mes compétences et ma personnalité sont régulièrement jugés/évalués négativement et sans aucune raison objective?"

"Dois-je sans cesse anticiper d'éventuelles remarques ou réactions négatives de la part d'une personne, afin d'éviter un conflit avec elle?"

​© 2020 par Alexandre ROMARIZ (POLLICINO).